La Cour de cassation a condamné Constant Mutamba à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds, assortis des sanctions suivantes :
• Interdiction, pendant cinq ans après l’exécution de la peine, du droit de vote et d’éligibilité ;
• Interdiction d’exercer toute fonction publique ;
• Exclusion du bénéfice de la libération conditionnelle et de la réhabilitation ;
• Obligation de restituer 19 millions USD.

Après ce verdict, Mutamba devait être immédiatement transféré à la prison centrale de Makala. Mais à la surprise générale, le véhicule chargé de l’y conduire a été redirigé vers le commissariat provincial de la police de Kinshasa. Sur place, un émissaire du président Félix Tshisekedi est intervenu, transmettant l’instruction de placer Mutamba en résidence surveillée plutôt qu’à Makala.
Selon cet émissaire, la sécurité de Mutamba ne serait pas garantie à Makala, où se trouvent de nombreux « Kuluna » arrêtés sur son initiative. Face à cette situation, il lui a été demandé de désigner l’une de ses résidences, à l’exception de celle où il recevait régulièrement ses partisans. Mutamba a alors opté pour sa luxueuse villa située au complexe résidentiel Promenade, à GB Diplomate. La police a reçu l’ordre de l’y escorter.
Cette décision, en contradiction avec l’arrêt de la Cour, a immédiatement provoqué la colère du pouvoir judiciaire, qui dénonce une ingérence directe de la présidence dans l’exécution de la justice.
Des rumeurs circulent également au sein de la magistrature : la société Zion Construction SARL, chargée de construire la prison de Kisangani, appartiendrait en réalité à des membres de la famille présidentielle, Mutamba n’ayant été qu’un exécutant utilisé dans plusieurs dossiers politiques sensibles.
À l’heure actuelle, des pourparlers sont en cours entre la présidence et le Conseil supérieur de la magistrature pour décider de la suite à donner. En attendant, Constant Mutamba demeure confortablement installé dans sa villa de GB Diplomate.
Affaire à suivre…
