La récente réunion organisée à Nairobi (Kenya) par l’ancien président congolais Joseph Kabila et la création d’une plateforme politique baptisée « Sauvons le Congo » suscitent de vives interrogations à Kinshasa. Parmi les voix critiques figure André-Alain Atundu, ancien ambassadeur et expert récemment nommé, qui appelle à la vigilance.
Selon lui, cette initiative, revêtue d’un vernis patriotique, pourrait plutôt servir à légitimer des forces hostiles à la République démocratique du Congo (RDC), notamment l’AFC/M23, mouvement rebelle actif dans l’Est du pays. Il y voit une manœuvre visant à « rétablir une influence perdue par des moyens détournés ».
Atundu dénonce ce qu’il qualifie de « diplomatie parallèle », qui viendrait brouiller les efforts officiels du gouvernement congolais et de ses partenaires régionaux pour la restauration de la paix dans la région du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. « Toute démarche politique qui s’appuie sur des acteurs armés n’est pas une initiative de paix, mais une compromission avec l’ennemi », a-t-il déclaré.
Pour plusieurs analystes, la mise en avant de Kabila à Nairobi, dans un contexte d’insécurité persistante à l’Est, pourrait constituer une opération de communication visant au repositionnement politique de certains anciens dignitaires. En effet, Kabila a récemment vu son immunité levée par le Sénat congolais dans le cadre d’accusations de « trahison », crimes de guerre et soutien à l’insurrection. De plus, la plateforme « Sauvons le Congo » aurait été lancée les 14 et 15 octobre 2025 à Nairobi, et quelques participants y seraient des alliés de Kabila ou des acteurs marginalisés, plutôt que des poids lourds de l’opposition.
Kabila, condamné à la peine de mort par contumace par un tribunal militaire congolais pour « trahison, crimes contre l’humanité, participation à un mouvement insurrectionnel» (l’AFC/M23 étant mentionné dans ce cadre) selon « The EastAfrican », s’efforce d’afficher un retour politique.
Dans ce contexte, Atundu invite les Congolais à distinguer patriotisme et opportunisme politique. « Le vrai combat pour sauver le Congo, dit-il, se mène par la loyauté à la République, non par des alliances douteuses. »
La question demeure : cette initiative de Nairobi aborde-t-elle sérieusement la crise humanitaire et sécuritaire dans l’Est, notamment l’occupation de territoires par des groupes armés, ou s’agit-il d’un retour politique encadré par des logiques de pouvoir ? Pour Atundu, la réponse penche nettement vers la sec
onde option.
