Kinshasa, le débat politique s’enflamme au lendemain de la signature à Doha de l’accord-cadre de paix entre le gouvernement congolais et le mouvement rebelle AFC/M23. Au sein de l’opposition, la réaction la plus virulente vient de José Makila Sumanda, président du parti ATD et haut cadre du Front Commun pour le Congo (FCC), qui dénonce « une reddition nationale déguisée en diplomatie ».
Dans une déclaration tranchante publiée sur le réseau social X, l’ancien ministre accuse le pouvoir en place d’avoir sacrifié la souveraineté du pays au profit d’intérêts étrangers.
« L’accord signé à Doha est une supercherie diplomatique. Ce n’est pas un pas vers la paix, mais un pas vers la capitulation. Aucun engagement contraignant, aucun mécanisme de contrôle, aucune sanction prévue. Un texte vide ! », fulmine José Makila.
Un accord qui légitime les rebelles
Pour le cadre du FCC, l’attitude du gouvernement congolais revient à reconnaître l’AFC/M23 comme un interlocuteur légitime, une posture qu’il juge humiliante pour l’État congolais et pour les populations meurtries de l’Est.
« Traiter l’AFC/M23 comme un partenaire égal revient à blanchir un mouvement armé responsable d’exactions et d’occupation illégale. C’est tourner le dos aux victimes et abandonner la nation », dénonce-t-il.
L’opposant va plus loin et accuse certains partenaires internationaux, notamment le Qatar et les États-Unis, d’exercer une influence excessive dans la gestion de ce dossier stratégique.
Selon lui, cet accord ne renforcerait pas la paix, mais ouvrirait la voie à des agendas géopolitiques étrangers, au détriment des intérêts de la RDC et de sa sécurité.
« La paix ne se signe pas au rabais»
En conclusion, José Makila appelle à un sursaut patriotique face à ce qu’il considère comme un « marché diplomatique désastreux ».
« Notre pays mérite mieux que des signatures symboliques. La paix ne se construit pas dans l’ombre, mais sur la transparence, la justice et le rétablissement total de l’autorité de l’État », martèle-t-il.
Alors que le gouvernement congolais reste silencieux face à ces critiques, la question divise déjà l’opinion et s’impose comme un test politique majeur pour l’avenir de la nation.
Bonsange Bonfilinsole.
