Plus de 22 jeunes exécutés à Katana, un centre de santé attaqué, l’accès humanitaire bloqué et les populations civiles livrées aux pires exactions : pour Eugène Diomi Ndongala, les crimes commis au Sud-Kivu rappellent les pages sombres du Rapport Mapping et témoignent d’une violence devenue systématique dans l’Est de la RDC.
Dans la nuit du 23 au 24 novembre 2025, la localité d’Irhambi Katana, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, a été le théâtre d’un nouveau massacre. Plus de 22 jeunes hommes ont été exécutés sommairement par des combattants du M23 après leur capture lors de violents affrontements avec des groupes d’autodéfense. Des témoins décrivent des corps alignés et abattus à bout portant.
Quelques heures plus tard, le centre de santé de Chahoboka a été pris d’assaut : un patient et deux gardes-malades ont été tués. Une attaque contre une structure médicale constitue un crime de guerre selon le droit international humanitaire.
Selon plusieurs sources locales, les zones contrôlées par le M23 et l’armée rwandaise (RDF) sont le théâtre d’exactions quotidiennes : viols, tortures, disparitions, travail forcé et esclavage sexuel. L’accès humanitaire y est interdit tandis que la coupure de l’internet et des médias impose un silence total autour de ces atrocités.
Pour Eugène Diomi Ndongala, président de la Démocratie Chrétienne, ces tueries s’inscrivent dans la continuité de trente années de violences documentées par l’ONU :
« Le silence de la communauté internationale est une complicité de fait. Les Congolais ont droit à la vie, à la dignité et à la liberté. Les accords sans impact réel sur le terrain ne suffisent plus. »
Il appelle l’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis à briser l’inaction et à mettre en œuvre des mécanismes concrets de protection des civils.
Bsg Yema Djanny.
