DIX MILLIONS DE MORTS : KAGAME SIGNE AUX USA,30 ANS APRÈS CLINTON, TRUMP CORRIGE L’HISTOIRE

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le 04 décembre dernier, à Washington, Paul Kagame a apposé sa signature sur l’Accord de paix aux côtés de Félix Tshisekedi. Les flashs ont crépité, les diplomates ont applaudi, et le monde a feint de croire que tout était réglé, même s’il n’y a pas eu de poignée de main entre les deux chefs d’État…

Mais l’Histoire, elle, n’oubliera pas. Elle se souviendra que cette signature arrive après trente ans de guerre par procuration, trente ans de sang, de mensonges et de pillage orchestrés depuis Kigali avec une constance glaçante.

Le Congo traîne derrière lui une litanie macabre :

1996 : l’AFDL, bras armé rwandais, renverse Mobutu et ouvre la boîte de Pandore.

1998-2003 : le RCD, marionnette assumée de Kigali, plonge la région dans la “guerre mondiale africaine”.

2006-2009 : le CNDP de Nkunda, puis Bosco Ntaganda et Makenga : même scénario, même parrain.

2012, puis 2022-2025 : le M23, ressuscité deux fois, plus vorace, plus meurtrier, toujours soutenu par les mêmes uniformes et les mêmes ordres venus du Rwanda.

Et entre ces chapitres, une succession de sigles fantômes, pour que jamais le robinet de la violence ne se referme.

Le schéma est d’une simplicité criminelle :

on crée ou récupère un groupe armé tutsi congolais, on agite le spectre des FDLR, on envahit “pour se protéger” avec des “mesures défensives”, on pille le coltan, l’or, la cassitérite, et quand la pression internationale monte trop, on signe un accord… avant de relancer la machine sous un autre nom.

Les preuves ?

Elles remplissent des centaines de pages de rapports de l’ONU, du Groupe d’experts, des enquêtes de Human Rights Watch ou de Global Witness.

Elles sont dans les images satellites des camps RDF installés en territoire congolais et diffusées par NBC, dans les numéros de série des munitions retrouvées à Kitchanga ou Bunagana, dans les témoignages des déserteurs du M23 formés à Gibati ou Rumangabo.

Et pourtant, le texte signé hier à Washington n’a rien de nouveau.

C’est, mot pour mot, l’accord déjà paraphé en 2025 à Luanda, puis enterré dès le lendemain par les offensives du M23 sur Goma et Bukavu, Kagame refusant alors d’y apposer sa signature personnelle.

Ensuite, il y a eu Washington, en juin 2025 : même contenu, seuls les ministres signaient, Kagame se dérobant encore.

La différence, cette fois-ci, le 4 décembre 2025, c’est la mise en scène : un autre continent, un autre décor, d’autres protagonistes.

On a déplacé les caméras dans la capitale américaine, sous les yeux de multiples témoins internationaux, avec la présence imposante du Président Trump, qui n’a pas hésité à prononcer le chiffre que tout le monde murmure mais que peu osent assumer : dix millions de morts congolais depuis 1996.

Un chiffre qualifié il y a peu de “stupide” par le ministre rwandais des Affaires étrangères, mais que Kagame lui-même a dû reconnaître, juste après que Trump l’ait énoncé publiquement.

Dix millions.

Un génocide par procuration dont l’architecte principal se tient là, costume impeccable, sourire de circonstance, dans une cérémonie où il est à la fois protagoniste… et “gibier”.

Car cette mise en scène n’a qu’un seul objectif réel :

mettre Paul Kagame face au miroir, face à ces dix millions de visages, face à l’Histoire.

Non pour le flatter, ni pour le blanchir, mais pour le confronter à la montagne de cadavres sur laquelle il a bâti la légende du “miracle rwandais”.

Washington ne lui offre pas une sortie honorable ; Washington l’expose.

Il y a, dans cette signature, une dimension historique presque rédemptrice : c’est l’Amérique qui boucle la boucle.

L’Amérique démocrate de Bill Clinton avait, en 1996-1997, donné le feu vert tacite et parfois logistique à l’invasion de l’AFDL, sous prétexte de libération d’un Mobutu mourant.

C’est Washington qui a fermé les yeux lorsque Kagame a transformé son “effort de guerre” en permis illimité de piller le Congo, quand le coltan congolais devenait la monnaie d’échange du silence occidental sur les massacres.

Pendant trente ans, les Congolais ont payé le prix de cette faute originelle.

Aujourd’hui, c’est une autre Amérique républicaine, directe, débarrassée des circonvolutions diplomatiques qui vient corriger cette dérive historique.

En forçant Kagame à signer en personne, en rappelant publiquement le bilan humain, en conditionnant toute coopération future au retrait total des troupes rwandaises, les États-Unis disent enfin :

« Ça suffit. »

Ce n’est pas une réparation complète, loin de là.

Mais c’est la reconnaissance officielle que l’Occident porte une part de responsabilité dans le cauchemar congolais et que le moment est venu d’y mettre fin.

Quant à l’intégration économique régionale tant vantée corridors commerciaux, marché commun, investissements conjoints elle restera un leurre tant qu’un seul soldat rwandais foulera le sol congolais, tant qu’une seule mine de Rubaya ou de Walikale financera Kigali plutôt que Kinshasa.

On ne construit pas la prospérité sur un territoire occupé.

Il n’y aura ni paix durable, ni projets communs, sans :

le retrait total et vérifiable des unités RDF et de leurs proxies M23,

le rétablissement complet de l’autorité de l’État congolais sur le Nord et le Sud-Kivu,

le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (ou la justice) pour tous les combattants de ces rébellions fabriquées.

Alors oui, il y a eu des sourires polis devant les caméras hier, le 4 décembre 2025.

Mais dans les collines du Nord-Kivu, chacun sait que la paix sur papier ne désarme pas les canons.

Tant que les unités rwandaises rôderont dans les forêts de Masisi, tant que les minerais de Rubaya alimenteront les comptes offshore de Kigali, la prochaine rébellion n’est qu’une question de calendrier… et d’acronyme.

La seule question qui vaille, brute et nue, est celle-ci :

Cette fois, Kagame retirera-t-il vraiment ses troupes et coupera-t-il les vivres à ses proxies ?

La communauté internationale les USA en tête passera-t-elle enfin des déclarations aux sanctions ?

La résolution 2773 deviendra-t-elle une ligne rouge ou une feuille morte de plus ?

Le Congo a déjà trop vu de signatures suivies de trahisons.

Celle d’hier ne doit pas en être une de plus.

Que ce soit la dernière signée dans la honte par ceux qui ont provoqué la mort de dix millions de Congolais innocents — les invités gênants de la cérémonie de Washington.

Que ce soit la première à conduire à la justice, et à la réparation.

Eugène DIOMI NDONGALA

Démocratie Chrétienne

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