Kinshasa suffoque sous les ordures.
Ce 22 novembre, le Directeur Général de la RASKIN a été interpellé par les députés provinciaux, sommés de répondre à l’incapacité manifeste de la régie à endiguer la crise d’insalubrité qui ravage la capitale. Une audition tendue, révélatrice d’un échec administratif qui ne peut plus être dissimulé.
Depuis des mois, la ville s’est transformée en décharge publique à ciel ouvert. Les tas de déchets colonisent les grandes artères, les marchés, les hôpitaux, les quartiers résidentiels et même les abords des institutions. L’odeur est insoutenable, les moustiques et les rats prolifèrent, et les maladies se multiplient dans un silence officiel assourdissant.
Un spectacle désolant, indigne d’une capitale africaine de 17 millions d’habitants.
Pourtant, les budgets sont votés, les promesses solennelles s’enchaînent, les plans d’action se succèdent — mais la situation empire. La RASKIN, censée porter la solution, apparaît aujourd’hui comme le symbole criant des dysfonctionnements de la gouvernance urbaine.
Où est passé l’argent ? Où sont les résultats ?
Lors de l’audition, les députés ont exigé des explications sur :
l’opacité financière autour des fonds consacrés à l’assainissement,
l’absence d’outils opérationnels réels,
la gestion chaotique et sans vision, incapable d’assurer le minimum.
Alors que des milliards sont engloutis chaque année, les citoyens ne voient que des camions absents, des promesses recyclées et une improvisation permanente. Les élus dénoncent une administration à bout de souffle, incapable de coordination entre la RASKIN, les communes et les partenaires.
LE SYSTÈME S’EFFONDRE
La gestion des déchets, question vitale pour la santé publique, est devenue un gouffre sans résultats, où l’irresponsabilité bureaucratique tue la ville à petit feu. La machine RASKIN est en panne, et avec elle, la crédibilité des institutions provinciales.
Les Kinois exigent des comptes
La colère monte. Les réseaux sociaux regorgent de vidéos et témoignages d’habitants excédés, fatigués de vivre dans la puanteur et l’insécurité sanitaire.
Ils veulent des actes, pas des excuses.
L’heure est venue
L’audition ne doit pas être un numéro politique de plus. Elle doit ouvrir la voie :
à un audit complet de la RASKIN, à une réforme profonde du système de gestion des déchets, et, si nécessaire, à des sanctions exemplaires.
Si rien ne change, la crise des déchets deviendra une crise de légitimité politique. Et ceux qui ont failli devront répondre, non plus devant les députés, mais devant le peuple.
Kinshasa mérite la dignité.
La Rédaction
