KAGAME, L’ÉTERNEL SABOTEUR : UN NOUVEAU COUP DE POIGNARD QUI MENACE L’ACCORD DE WASHINGTON

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Cinq mois après la signature en grande pompe de l’Accord de Washington, Paul Kagame renie ses engagements et rallume la flamme de la tension régionale. Une volte-face calculée qui fragilise la paix dans les Grands Lacs et embarrasse Washington.

Fidèle à son registre de provocation, Paul Kagame a profité d’un discours devant les membres du Unity Club pour attaquer frontalement les « accords de paix » signés en juin dernier à Washington.

« Tromperie partout », a lancé le président rwandais, dénonçant un processus qu’il avait lui-même validé sous les auspices de Donald Trump. Une sortie virulente qui sonne comme un nouveau sabotage diplomatique et plonge la région dans l’incertitude.

Présenté à l’époque comme un « tournant historique », l’Accord de Washington visait à mettre fin aux affrontements dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Kigali s’engageait à retirer ses troupes en 90 jours, à cesser tout appui au M23 et à coopérer à la neutralisation des FDLR. En contrepartie, les États-Unis garantissaient des partenariats économiques sur les métaux stratégiques – coltan et cobalt – indispensables à la transition énergétique occidentale.

Mais à peine cinq mois plus tard, les promesses s’effondrent. Aucun retrait des troupes rwandaises, des combats qui reprennent, et un Kagame qui, du haut de sa tribune, dénonce un accord « malhonnête ». La manœuvre est connue : signer pour gagner du temps, trahir pour consolider son pouvoir.

Depuis près de trente ans, Kagame use du même procédé : alliances temporaires, revirements calculés, chaos entretenu.

En 1996, il s’allie à Laurent-Désiré Kabila pour renverser Mobutu avant de retourner ses armes contre lui en 1998. En 2009, il signe un accord de coopération avec Kinshasa… qu’il sabote quelques mois plus tard par des incursions frontalières.

En 2022, il nie toute implication dans la résurgence du M23, tout en finançant ses opérations à distance.

Chaque décennie porte la même empreinte : celle d’un stratège froid, qui feint la paix pour mieux régner sur la peur.

Pour Donald Trump, l’architecte autoproclamé de ce « miracle africain », le désaveu rwandais est un camouflet.

L’ancien président américain, qui espérait sceller un succès diplomatique majeur avant son retour sur la scène mondiale, voit son projet s’effondrer.

Au Congrès, des voix s’élèvent : Marco Rubio et JD Vance plaident déjà pour des sanctions ciblées contre Kigali. Pékin, rival stratégique des États-Unis, observe la débâcle avec satisfaction : la crise du cobalt congolais menace désormais la stabilité de la chaîne d’approvisionnement mondiale en batteries électriques.

Sur le terrain, la facture humaine s’alourdit. Plus de 100.000 nouveaux déplacés ont été enregistrés dans les zones de combat entre le M23 et les FARDC, portant à près de 8 millions le nombre de personnes déracinées dans l’est du pays.

Les appels à la retenue de l’ONU (résolution 2773) restent lettre morte, tandis que l’Union africaine semble paralysée face à un dirigeant qui s’affranchit de toute médiation.

À Kigali, Kagame galvanise ses partisans en martelant que « le Rwanda ne se laissera dicter sa conduite ». Une phrase lourde de sens, qui résonne comme un défi lancé à Washington.

En brandissant la carte de la sécurité nationale, Kagame tente surtout de peser dans le rapport de force avec les États-Unis : « Donnez-moi plus, ou je fais tout capoter ».

Cette posture de défiance est un classique de sa gouvernance — un chantage permanent entre coopération et confrontation, destiné à préserver sa mainmise sur la région et sur les circuits économiques illicites des minerais stratégiques.

À quelques semaines des réunions de vérification prévues fin novembre, les chancelleries retiennent leur souffle.

L’enjeu est clair : Washington osera-t-il tenir tête à Kigali, ou laissera-t-il Kagame replonger la région dans une nouvelle guerre de prédation ?

Car derrière les discours martiaux se cache une réalité brutale : chaque volte-face du régime rwandais se solde par des massacres, des pillages et des millions de déplacés.

Et cette fois encore, la RDC risque de payer le prix fort du théâtre mortifère d’un homme qui n’a jamais su-ni-voulu choisir la paix.

Par Eugène Diomi Ndongala

Président de la Démocratie Chrétienne

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