Indignation dans plusieurs provinces alors que les chefs de chantiers dénoncent une précarité insoutenable malgré les financements du gouvernement et du PNUD
Une vague de colère monte dans plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo, notamment le Tanganyika, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Maniema, où des chefs de chantiers engagés dans le Projet de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) dénoncent plus d’une année de travail sans aucune rémunération.
Dans une lettre adressée au Président de la République et datée du 30 septembre 2025 depuis Kisangani, ces techniciens affirment avoir travaillé sans relâche sur les chantiers du programme exécuté par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), tout en se retrouvant aujourd’hui dans une précarité sociale alarmante.
Selon leur correspondance, le PNUD, en charge du projet, a confié la maîtrise d’ouvrage déléguée à la société Safricas, laquelle a sous-traité le recrutement du personnel à ITM Sarl. Malgré les paiements effectués par le PNUD à Safricas, les chefs de chantiers affirment n’avoir jamais perçu leurs salaires depuis plus de douze mois.

« Nous avons loyalement servi notre pays à travers ce projet, mais aujourd’hui, nous vivons dans une grande précarité sociale. Safricas ne s’acquitte pas de ses obligations envers nous. », dénoncent-ils.
Face à cette situation critique, ils sollicitent l’intervention personnelle du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de garant de la justice sociale et du bon fonctionnement des institutions, afin de contraindre les entreprises concernées à régulariser leurs droits.
« Nous sollicitons humblement votre intervention, Excellence Monsieur le Président, pour que nos droits légitimes nous soient enfin restitués. »
Un programme phare dans la tourmente
Le PDL-145T, présenté comme un programme stratégique visant à réduire les inégalités territoriales à travers la construction d’écoles, centres de santé, routes et bâtiments administratifs, fait depuis plusieurs mois l’objet de critiques récurrentes : retards, malversations présumées, surfacturations, manque de transparence dans l’exécution technique et financière.
Si les accusations de ces travailleurs s’avèrent fondées, elles viendraient aggraver une série de dysfonctionnements déjà dénoncés dans d’autres provinces, mettant en péril l’image d’un projet censé marquer la relance du développement à la base.
La Rédaction
