Il est un fervent défenseur de la non-violence et de la démocratie, Cet acteur politique a bravé une répression politique implacable en République démocratique du Congo. Sous le régime des Kabila père et Kabila fils cette figure emblématique de la scène politique congolaise a subi enlèvement, arrestation et tortures brutales. Son histoire est celle d’un homme dont la lutte pour la liberté a été punie par la violence d’un pouvoir autoritaire, mais dont la résilience reste un cri d’espoir pour un Congo libre.

L’histoire de son passage à l’enfer débute.
Enlèvement et horreur, 10 décembre 1997. Tout commence dans la nuit du 10 décembre 1997 à 23 heures. Eugène Diomi Ndongala, alors président du Front pour la Suivie de la Démocratie, FSD, est enlevé par des soldats de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, AFDL, alors qu’il rentre chez lui, à Ma Campagne, Kinshasa. L’horreur ne s’arrête pas là.

Ces deux sœurs, vivant sous le même toit, sont violées par les militaires. Une d’elles succombera séquelles de cette barbarie. Diomi Ndongala,lui, est torturé et détenu au secret dans plusieurs camps militaires, Camp Loano, une Villa près de Ma Campagne gérée par la DEMIAP, service secret militaire, Camp Kokolo, et une ancienne ferme près de l’aéroport de Ndjili, jadis propriétaire de Kengo Wa Dindo, devenu un lieu d’exécution.
Après deux mois de supplices physiques et moraux, son état se dégrade au point de nécessiter une opération d’urgence pour une péritonite à la clinique Ngaliema, sous surveillance militaire.

Le 15 février 1998, il est assigné à résidence. Son tort ? Avoir défié l’interdiction verbale des activités politiques décrété par Laurent Désiré Kabila. En une traque dans répit, arrestations répétées politiquement motivées, 1998-200.
La répression s’intensifie.
Le 11 mars 1998, des agents de sécurité envahissent son domicile et le détiennent à l’Agence nationale de renseignement, ANR, près du fleuve Congo, pour ses déclarations dans les différentes maisons de presse.
Entre juin 1998 et avril 2000.
Diomi Ndongala est arrêtée tous les deux Mois. La raison ?
La création du FSD, une plateforme prônant une démocratie pluraliste et représentative face au système autoritaire, des comités de Pouvoir Impopulaire , CPP, inspiré de l’idéologie nord-coréen et imposé par Kabila.
Enlèvement et accusation.
La vérité en péril. 28 avril 2000.
A cette date, il a été kidnappé près de l’immeuble de la voie du Zaïre, à Kinshasa alors qu’il conduit sa voiture. Détenu trois semaines dans une villa au bord du fleuve, propriétaire d’un ministre de Kabila, Mwenze Kongolo, il parvient à faire arriver un message à sa famille pour révéler sa localisation. Transfert ensuite devant la Cour d’Ordre Militaire, il est accusé d’atteinte à la sécurité de l’État. Son crime ? Avoir affirmé dans une interview que l’agression contre la RDC remontait à 1996 et non à 1998, comme le prétendait le régime, et avoir publié le manifeste de la libre-pensée politique du régime.
Le FSD jugeait incompatible avec l’idéologie marxiste-Kabiliste. Il est libéré fin décembre 2000 à la suite d’une rencontre entre Kabila et la Classe politique congolaise en vue d’un sommet à Libreville qui ne verra jamais jour après l’assassinat de Laurent Désiré Kabila en janvier 2001, un Combat inlassable, arrestation pour un discours, 15 janvier 2004.
Sous Joseph Kabila, la persécution, continue. Après un discours qu’il a prononcé le 15 janvier 2004 pour enflammé le « Congo aux Congolais », prononcé lors d’un meeting de son parti politique la Démocratie Chrétienne, DC, au Stade de Martyrs devant 50000 partisans, Eugène Diomi Ndongala est arrêtée pour » offense au Chef de l’État », par alias Joseph Kabila.
Il y réclamait le droit à la paix pour les congolais, un message jugé subversif. Les charges sont finalement abandonnées. Kongo-Central » Bas Congo » à l’époque, une accusation montée de toute pièce, 16 décembre 2010.
À l’approche des élections de 2011, Diomi Ndongala sillonne sa province natale, le Kongo-Central, pour relancer les activités de la DC en vue des élections et de son soutien à Étienne Tshisekedi à la présidentielle. Le 16 décembre 2010, il est arrêté à Muanda sur une accusation absurde fabriquée par les services de sécurité. Refus de montrer son passeport à un agent de l’ANR. Condamne à dix mois de prison sans avocat, il n’empurge que trois, enfermé dans la qui fut celle de Simon Kimbangu. Il fut acquitté en appel à Boma , sous la pression populaire et face au risque d’émeutes. Pour la transparence électorale, encore de privatisation de liberté 2011. En cette, Eugène Diomi Ndongala multiplie les actions pour la démocratie. Le 18 septembre 2011, il est interpellé lors d’une marche devant la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, pour exiger la transparence du fichier électoral. Le 10 octobre 2011, il est de nouveau arrêté lors d’une autre marche réclamant la publication de ce fichier, comme prévu par la loi électorale, avant d’être relâché plus tard.
Un chapitre sombre. Enlèvement et détention secrète.
27 juin 2012. Ce jour-là, Eugène Diomi Ndongala, alors député national est enlevé dans la Commune de Gombe à Kinshasa. Cette date coïncide avec le lancement prévu de la majorité présidentielle populaire, MPP, une plateforme soutenant Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, dont il défend la victoire électorale volée.
Intercepté en voiture, il sera pendant trois mois détenu au secret par les services de sécurité de Kabila, tout entant député élu et en fonction. Libéré le 11 octobre 2012, à la veille du sommet de la francophonie, sous la pression internationale notamment les critiques virulentes de François Hollande envers alias Kabila, il est hospitalisé et opéré d’urgence le 18 octobre pour les séquelles des tortures. Les services de sécurité tentent d’empêcher ses soins, mais le syndicat des médecins de l’hôpital sino-congolais de Ndjili intervient pour protéger son droit à être soigné. Arrestation et parodie de justice, la désinformation et le lynchage médiatique. 08 avril 2013.
Le huitième jour du l’an deux mille treize, tard dans la nuit, Diomi NDONGALA est arrêtée sans mandat d’arrêt par 20 policiers dirigés par le Colonel Kanyama, chef de la police politique de Joseph Kabila. D’abord conduit à l’inspectorat provincial de la police, il est faussement accusé de viol sur deux femmes qu’il n’a jamais rencontrées, soudoyées par le régime avec des fausses identités, majeures d’âge et des faux parents.
Les charges évoluent ensuite vers atteinte à la sûreté de l’État et complot contre Kabila et Matata Ponyo. Le 11 avril, le ministre de l’intérieur orchestre un show télévisé exhibant 13 prétendus complices, dont une femme de plus 60 ans, avec pour preuve des bouteilles en plastique, un machette et des téléphones. Un homme torturé, un système judiciaire kabiliste hautement corrompu.
Gravement malade, EDN souffre de paralysie partielle du côté droit et de stress post-traumatique, dus aux coups reçus. Le régime sanguinaire d’alias Kabila lui refuse des soins. Élu député à Kinshasa, son mandat est invalidé pour « absences», provoquant l’indication de l’Union interparlementaire, UIP.
Les concertations nationales reconnaissent le caractère politique de sa détention et exigent sa libération. Mais le gouvernement Kabila ignore cette résolution.
Condamne à 10 ans de prison dans un procès truqué, sans preuve, et avec une cour irrégulièrement constituée, de 5 juges à la place de 7 prévus par la loi, il est privé de recours. La cour suprême refuse d’examiner son cas et la violation de la constitution.
Une justice tardive, la vérité triomphe.
En prison, Eugène Diomi Ndongala porte plainte contre la RDC auprès du comité des droits de l’homme de l’ONU, à Genève. Le 12 août 2022, la Cour de Cassation annule sa condamnation de 2013 par un procès en révision Numéro 031/2022, reconnaissant le complot dont il a été victime.
Confirmant un jugement de 2014 sous RP N°2465/14, du Tribunal des droits de l’homme de Nations-Unies qui avait condamné l’État Congolais et le régime Kabila sur son cas en tant que prisonnier politique enfermé par des accusations fabriquées. Pourtant joseph Kabila et son Ministre de justice Alexis Tambwe Mwamba avaient refusé d’appliquer cette décision internationale violant deux traités internationaux signés par la RDC alors que Eugène Diomi Ndongala est le seul congolais de l’histoire à avoir obtenu la condamnation de l’État sur son emprisonnement arbitraire.
Un héritage de courage. Eugène Diomi Ndongala incarne plus de 20 ans de lutte acharnée pour la liberté. Son corps porte les stigmates de la répression mais son esprit demeure un symbole de résistance contre la dictature Kabiliste qu’il a fait officiellement condamner à l’ONU. Dans une RDC, en quête de justice, son combat résonne comme un appel à ne jamais céder quel que soit le prix et sans compromission. La dictature n’arrivera jamais à faire taire Eugène Diomi Ndongala.
Reçu par Bonsange Yema Djanny.
