Par la Rédaction du Journal Alerte plus
Il y a vingt-quatre ans disparaissait Albert-Gilbert Bonsange Yema, journaliste, éditeur et directeur de publication dont le nom reste à jamais gravé dans l’histoire du journalisme congolais.
Figure emblématique de la presse libre, il a consacré sa vie à la défense de la vérité, au prix de lourds sacrifices personnels.
UN HOMME DE PLUME ET DE CONVICTION
Dans les années 1990, à une époque où l’expression critique était presque synonyme de condamnation, Albert-Gilbert Bonsange Yema s’impose comme l’un des visages les plus courageux de la presse indépendante en République démocratique du Congo. Il dirige et anime plusieurs titres, notamment L’Alarme, Mambega et L’Essor Africain, des journaux qui osent interroger le pouvoir et donner la parole aux sans-voix.
Plus tard, son engagement se poursuit au sein du journal Alerte Plus, où il occupe des fonctions de responsabilité, toujours guidé par la même éthique : informer, alerter, résister.
LE PRIX DU COURAGE
Son combat pour la liberté d’expression ne restera pas impuni. Sous le régime de Laurent-Désiré Kabila, il est arrêté en novembre 1997 puis à nouveau en février 1998, parfois avec des membres de sa propre famille. Son tort : avoir publié des articles jugés subversifs, réclamant la fin de ce qu’il qualifiait de dérives autoritaires.
Condamné par la Cour de sûreté de l’État pour « atteinte à la sûreté de l’État », il est détenu dans des conditions éprouvantes. Déjà affaibli par la maladie, notamment le diabète, il passera une partie de sa détention à l’hôpital avant d’être contraint à l’exil après sa libération. Des organisations internationales, dont Amnesty International, documenteront ces persécutions et tireront la sonnette d’alarme sur son état de santé et les risques encourus par les journalistes en RDC.
UNE DISPARITION QUI INTERPELLE LA CONSCIENCE NATIONALE
Albert-Gilbert Bonsange Yema s’est éteint quelques années plus tard, laissant derrière lui une famille meurtrie, une profession orpheline et une nation privée d’une voix essentielle. Sa disparition ne fut pas seulement celle d’un homme, mais celle d’un symbole : celui du journaliste debout, refusant la compromission et la peur.
UN HÉRITAGE VIVANT
Vingt-quatre ans après sa mort, son héritage demeure vivant. Chaque rédaction qui ose publier un article critique, chaque journaliste qui choisit la vérité plutôt que le silence, prolonge l’œuvre de Bonsange Yema.
En ce jour de commémoration, la presse congolaise, ses confrères, ses lecteurs et tous les défenseurs des libertés fondamentales s’inclinent devant la mémoire de cet homme d’exception.
Albert-Gilbert Bonsange Yema n’est pas mort.
Il vit dans chaque plume libre, dans chaque voix qui refuse l’injustice, dans chaque “alerte” lancée contre l’oppression.
Que son exemple inspire les générations présentes et futures à défendre, envers et contre tout, la liberté de la presse en République démocratique du Congo.
Albert BONSANGE YEMA Djanny
