L’homme politique congolais Eugène Diomi Ndongala alerte sur ce qu’il qualifie de « désert informationnel » imposé dans les zones de l’Est de la RDC sous occupation du mouvement rebelle M23. Dans une tribune publiée récemment, le président de la Démocratie Chrétienne dénonce « une stratégie de guerre invisible » visant à étouffer toute liberté d’expression et à isoler les populations civiles.
Selon lui, plus de 11 500 km² sont coupés du reste du pays depuis la prise de Goma en janvier 2025, plongeant près de 3,8 millions de déplacés dans un silence numérique quasi total. Stations de radios pillées ou contraintes à diffuser de la propagande, brouillage des ondes internationales, censure des mots jugés sensibles : le contrôle de l’information serait devenu, selon l’auteur, « un instrument essentiel de domination ».
Internet sous contrôle et surveillance étendue
Diomi souligne également la destruction ou le contrôle des infrastructures télécoms congolaises, entraînant des coupures répétées d’internet dans Goma et les territoires environnants. Privées de réseau national, de nombreuses populations se rabattent sur les cartes SIM rwandaises, un recours qu’il décrit comme « un piège numérique » permettant la surveillance et la censure via le routing des données par Kigali.
Il accuse le régime rwandais d’imposer une restriction sévère de la liberté numérique, citant le blocage de sites, la limitation des réseaux sociaux, l’interdiction de VPN, ainsi que la surveillance des communications. Une situation qui pousserait journalistes et défenseurs des droits à l’exil.
Un enjeu de droits humains
Pour Diomi Ndongala, cette coupure de l’information viole gravement les droits fondamentaux garantis par l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui consacre le droit d’accès à l’information et à la liberté d’expression comme piliers de la dignité humaine.
« Bloquer l’internet, c’est priver les Congolais de leur voix et de leur résistance », écrit-il, dénonçant une stratégie visant à « diviser, désorienter et neutraliser toute contestation pacifique ».
Appel aux solutions et à l’action gouvernementale
L’auteur propose plusieurs pistes techniques, notamment l’utilisation des systèmes satellitaires comme Starlink afin de rétablir un corridor numérique humanitaire en partenariat avec les organisations internationales. Il appelle également l’État congolais à prendre l’initiative, exhortant Kinshasa à rompre « le blocus communicationnel » et à soutenir moralement les populations occupées.
Dans un appel symbolique, il suggère même de larguer par voie aérienne des messages de solidarité sur Goma et Bukavu pour raviver l’espoir : « Un petit geste pour rallumer la flamme. »
Tribune signée : Eugène Diomi Ndongala Président de la Démocratie Chrétienne (DC).
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