Ruzizi, 6 décembre 2025. Depuis la colline rwandaise de Bugarama, l’armée rwandaise (RDF) a lancé dans la matinée des bombardements massifs visant les villages congolais de Luvungi, Mutarule et Sange. Les drones de la RDF et du M23 ont survolé la plaine, ciblant habitations, routes et marchés.
Le bilan provisoire est lourd : au moins 30 civils tués ou grièvement blessés, dont plusieurs enfants. L’hôpital de Sange, débordé, manque de sang et de morphine pour soigner les survivants.
Sur le terrain, les unités du M23 appuyées par des soldats rwandais entièrement équipés ont simultanément lancé une offensive terrestre vers le sud. Samedi, à 13 heures, Rubarika, Kangabiro et Katogota sont tombés en l’espace de quelques heures. Leur objectif semble clair : Uvira et la frontière burundaise.
Une agression assumée
Les faits observés sont sans équivoque :
les positions de tir se trouvent bel et bien sur le territoire rwandais ;
les drones décollent de bases identifiées au Rwanda ;
les renforts traversent la frontière en plein jour.
À Kinshasa, les autorités parlent d’une agression caractérisée.
Dans la plaine de la Ruzizi, les populations n’ont que deux choix : fuir ou être ensevelies dans des tombes improvisées.
Un accord de paix déjà piétiné
À peine signé, l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda semble déjà vidé de sa substance. Au moment même où la diplomatie internationale espère un apaisement, Kigali relance les hostilités, suscitant incompréhension et inquiétude quant à la sincérité de son engagement.
Une question ouverte : jusqu’à quand ?
L’art politique de l’« ubwenge » souvent évoqué pour désigner la stratégie rwandaise consistant à dissimuler ses intentions peut-il encore prospérer face à des actes menés au vu et au su de tous ?
La RDC, témoin de ces attaques répétées, interpelle la communauté internationale : peut-on ignorer plus longtemps l’évidence ?
Eugène Diomi Ndongala
Démocratie Chrétienne
