Vols de câbles en cuivre : Des quartiers dans le noir la SNEL n’est pas épargnée

La Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF) voit s’envoler chaque année des milliards d’euros à cause du trafic de câbles en cuivre, un fléau qui bloque les trains en France. À des milliers de kilomètres, en République démocratique du Congo, la Société Nationale d’Électricité (SNEL SA) subit le même cauchemar, avec des installations régulièrement vandalisées et amputées de centaines de mètres de câbles.

En France, des trains à l’arrêt

À la SNCF, ces vols sont devenus le cauchemar des voyageurs. Un câble sectionné, et c’est toute une ligne à grande vitesse qui s’effondre : six heures de retard à la gare de Lyon, des week-ends gâchés, des files d’attente interminables. Chaque incident entraîne des réparations longues et minutieuses. Le cuivre, estimé à près de 7 000 euros la tonne, aiguise les appétits et coûte à la compagnie ferroviaire près de 30 milliards d’euros par an.

Pimprez, mercredi. Le cuivre, qui se négocie actuellement autour de 4 100 € la tonne, reste l’un des métaux les plus recherchés.

En RDC, des quartiers dans le noir

La SNEL n’est pas épargnée. Ces dernières semaines, la Société Nationale d’électricité a dénoncé une série noire digne d’un sabotage organisé :

• 2 août 2025 : 500 mètres de câbles volés entre les pylônes P217 et P219 ;

• 4 août 2025 : à nouveau 500 mètres emportés sur le même tronçon ;

• 7 août 2025 : 250 mètres arrachés entre les pylônes 79 et 80.

Et la liste continue : à Binza Pigeon, la cabine Nelsen a été attaquée par effraction, plongeant tout un quartier dans le noir. À Maluku, 15 mètres de câbles moyenne tension ont disparu sur le tronçon entre les cabines C16 et C10. Plus grave encore, récemment sur la ligne stratégique Likasi – Lubumbashi (120 kV RC–Shilatembo), 500 mètres de câbles ont été sectionnés, menaçant l’approvisionnement de tout le Haut-Katanga.

Un même constat : l’impuissance face au cuivre

Comme la SNCF, la SNEL subit la loi du cuivre. Chaque câble volé est un acte qui coûte des millions, ralentit le développement et plonge des familles entières dans l’obscurité. Les voleurs opèrent au risque de leur vie, mais surtout au détriment de l’intérêt collectif.

La SNCF expérimente la fibre optique, qui n’a aucune valeur marchande. La SNEL, de son côté, multiplie les dénonciations et les réparations, mais les mêmes scènes se répètent semaine après semaine. Dans les deux cas, c’est la sécurité et la continuité du service public qui vacillent.

Qu’il s’agisse de trains en retard en France ou de quartiers entiers sans lumière en RDC, une même réalité s’impose : le cuivre est devenu l’or des temps modernes, et les réseaux publics en sont les premières victimes.

Un appel pressant

Face à ce fléau, une réponse d’ampleur s’impose. La protection des infrastructures vitales ne peut plus être laissée aux seules entreprises publiques. Elle doit devenir une priorité stratégique pour les États.

La France et la RDC ont la responsabilité de garantir la sécurité des installations ferroviaires et électriques. Car protéger ces câbles, c’est protéger la mobilité, la lumière, et surtout l’avenir des populations.

La Rédaction 

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