LA MULTIPLICATION DES TAXES AÉROPORTUAIRES EN RDC : Eugène Diomi Ndongala Dénonce un Fardeau Injuste pour les Voyageurs Congolais

Par Eugène Diomi Ndongala, Démocratie Chrétienne

Dans un pays où plus de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, l’annonce récente d’une redevance dite de « sécurité » de 30 dollars US, instaurée par le Ministère de l’Intérieur de la RDC en partenariat avec la société étrangère Securiport LLC, suscite une nette indignation. 

Cette redevance serait prélevée à l’arrivée et au départ de tous les passagers des vols internationaux en RDC.  Elle vient s’ajouter au tarif du « Go-Pass » (qui s’élève à environ 55 USD pour les vols internationaux) et à d’autres prélèvements aéroportuaires. 

Selon les documents du contrat consultés, 85 % des recettes de cette nouvelle redevance reviendraient à Securiport LLC, tandis que l’État congolais ne percevrait que 15 %. 

Le cumul des redevances aéroportuaires pour un voyageur international pourrait donc atteindre près de 85 USD ou plus rien que pour ces frais annexes. 

Pourtant, le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’il ne s’agit pas d’une « nouvelle taxe », mais d’une « réaffectation » d’une redevance déjà existante, intégrée dans le prix du billet via les compagnies aériennes, et que les passagers nationaux ne seraient pas concernés. 

Les points clés actualisés

Le montant de la redevance : 30 USD par passager sur vols internationaux (aller + retour) au départ et à l’arrivée. 

Partenariat : État congolais + Securiport LLC (modèle Build–Train–Maintain–Transfer) pour la modernisation de la gestion de la sécurité et de l’immigration aux frontières. 

Répartition des recettes : 15 % pour l’État, 85 % pour l’opérateur privé. 

Le gouvernement : affirme que la mesure ne constitue pas une nouvelle taxe pour les passagers mais une formalisation/réaffectation d’une redevance existante. 

Le contexte : les voyageurs continuent de payer le Go-Pass et d’autres redevances, sans que des améliorations significatives des infrastructures aéroportuaires (pistes, terminaux, équipements) soient toujours visibles.

Effet : coût de voyage à destination et au départ de la RDC en passe de devenir l’un des plus élevés en Afrique, avec des conséquences pour la mobilité, la diaspora, et l’attractivité économique.

Nous appelons à un moratoire immédiat sur l’application de cette redevance, jusqu’à ce qu’un audit indépendant soit mené sur la gestion des fonds de la Régie des voies aériennes (RVA), du fonds IDEF et des autres taxes aéroportuaires.

Nous exigeons une transparence totale sur l’utilisation des recettes, un calendrier de réalisation visible des infrastructures aéroportuaires, et la garantie que voyager reste un droit accessible, et non un privilège réservé à une élite.

« Ces taxes opaques ne financent pas le Congo ; elles le saignent. Voyager doit être un droit, pas un privilège. »

Rédaction

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